Ici, je propose un premier état de synthèse suivant la ligne : art – beau – politique. Cela se finit dans une certaine généralité, je m’en rend compte. Les travaux en cours pourrait faire avancer ce point.
Tout ceci relève de la proposition, laquelle peut (doit) être améliorée, complétée dans l’échange.
Analyse
1- Je ne sais encore par quel concept unifier ce qui existe actuellement comme « art et culture ». Ce que je peux faire, c’est partir de ce que je connais le mieux : l’art contemporain.
2- Du point de vue de l’art contemporain, la production est régie par le signifiant, c’est-à-dire par le discours. Ce discours a pour fonction de circonscrire la relation à l’art dans un entre-soi, c’est-à-dire légitimer l’idée d’un « vrai art », d’une « vraie culture » et variantes du même thème, contre ce qui, logiquement, est la « culture basse ». Un dispositif rhétorique à refuser en bloc, pour affirmer la vérité sur ce point : la rétro-action des classes entre elles dans la production culturelle et artistique.
Cette production culturelle et artistique n’est pas autonome, elle dépend de l’évolution sociale générale, c’est-à-dire de l’évolution du mode de production. Mais mettons cela de côté pour l’instant.
3- Plus profondément, pour ce qui concerne l’art et la culture, la législation du discours a pour fonction d’évacuer le beau de l’art. Or cette évacuation n’est pas anodine. En effet, le beau a une dimension politique, subversive par rapport à l’art contemporain et, au delà de lui, de la culture en générale, et même du libéralisme à l’œuvre en France, et ses corollaires dans d’autres États.
4- Le beau lui-même ne peut pas être restreint à l’art. Il y a du beau hors de l’art. Exemple : dire que la chute de Ben Ali est belle (comme libération politique d’un peuple). Ce n’est pas un abus de langage, c’est au contraire une expression adéquate de la dimension intrinsèquement politique de la beauté.
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