ingenieur du symbolique

Gênes 01, de Fausto Paravidino, mise en scène Victor Gauthier-Martin

7 février 2010 · Laisser un commentaire

Proposer de voir un G8 sous l’angle du meurtre d’un manifestant par un policier : c’est toute une vision du monde que cette pièce veut exposer, par métonymie :  la relation des puissants au monde.

Qu’eut été proposée une reprise de la logique historique qui produit un G8, et la manifestation qui s’y oppose, au cours de laquelle le meurtre est un moment, d’accord. Mais que soit proposé un meurtre, à partir duquel la logique historique qui produit le G8 est inférée, non.

D’une logique à l’autre, c’est un positionnement qui s’est affirmé : on est passé de l’histoire dans le premier cas, à l’intuition dans le second. Du politique à l’émotionnel. Du sérieux des faits à la moraline.

A part ça, la mise en scène est impeccable. A ceci près qu’il est triste que la distribution définisse des « physiques » selon l’expressivité supposée de leur traits. La petite boulotte. Le brun proportionné. La grande mince et lunaire. Etc.

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Gainsbourg (vie héroïque)

1 février 2010 · Laisser un commentaire

Génial présentateur de film, dans un rôle de composition apologétique.

→ Laisser un commentaireCatégories : Saison 2 · cinéma · esthétique · la poésie actuelle · logique des représentations
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Une passion pour Delacroix, la collection Karen B. Cohen 16 décembre 2009 – 5 avril 2010

26 janvier 2010 · Laisser un commentaire

L’exposition propose une visite d’une collection privée d’esquisses et préparations retrouvées. De nombreuses petites pièces issues de préparations. De quoi nous souvenons-nous? Des sanguines de corps écorchés. Des paysages. Des peintures orientales. Des félins. Ce sont les thématiques qui président à l’accrochage dans l’ancien atelier du peintre.

Allons à l’essentiel, les pièces orientales. En quoi sont-elles le plus important? Il s’y montre deux Delacroix radicalement distincts : avant le voyage au Maroc, et après. Avant, c’est La mort de Sardanapale, une mythologie. Après, ce sont des peintures de petite taille non pas romantiques, c’est-à-dire proposant non pas des rotondes de couleurs diffuses illustrant une mythologie, mais des pièces sobres, montrant des hommes et des femmes dans leurs circonstances de vie au Maroc. Je me souviens surtout de situations militaires : des soldats en rang.

Le romantisme n’est donc que momentané. Et relatif à une relation à l’altérité, ou à la mythologie, et à une expérience de l’imaginaire, qui se dissipent avec l’expérience directe de ce qui fut autrefois imaginé. L’imagination ne semble avoir été qu’un moment, possible. Mais en retour, la sécheresse du réel impose de ne plus aller vers elle, au moins pour un temps.

Une passion pour Delacroix

La collection Karen B. Cohen

16 décembre 2009 – 5 avril 2010

Musée Delacroix, Paris

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Conférences tenues à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège (Belgique) ; et programme de cours pour 2010

16 janvier 2010 · Laisser un commentaire

Compte-rendu des conférences que j’ai tenues à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège du 13 novembre ou 4 décembre 2009. Elles ont été dites au cours de sculpture de Dario Caterina, et conséquemment ont porté sur quatre sculpteurs du siècle dernier : Richard Serra, Dan Graham, Hans Haacke et Eduardo Chillida.

A la suite se trouve le préavis d’un programme de cours en six séances, de février à juin 2010.

Richard Serra

(né à San Francisco en 1939)

Cette conférence a voulu proposer une approche historique de l’art actuel, dont Richard Serra a été un moment exemplaire sur le plan de la reprise, par la sculpture, du projet baudelairien de l’Art pour l’Art. Notre intervention a voulu montrer que cet artiste exprimait un romantisme institutionnel représentatif de toute une partie des arts plastiques au vingtième siècle, selon les étapes suivantes :

De la révolution française à l’apparition des romantiques allemands et des symbolistes français, belges, danois…

Notre point de départ est hégélien. Qu’est-ce que la modernité ? Réponse : le monde tel que le sujet lui donne sens.

La crise politique issue de la modernité se résout avec l’institution de la souveraineté absolue et laïque du peuple. La politique moderne rompt avec le droit divin. L’artiste peut alors produire un art sans référence à un ordre divin préétabli.

La suite de la Révolution, sa déchéance dans la Terreur, puis celle de l’Empire dans la Restauration, n’effacent pas le basculement historique, et subjectif, qui s’est effectué : c’est d’abord le romantisme de Novalis et Hölderlin : à la défaillance de la réconciliation politique des contradictions du temps est opposée la réconciliation par l’esthétique. De même avec le symbolisme de Théophile Gautier, qui aboutit à la théorie de l’Art pour l’Art, reprise et étayée par Baudelaire.

La culture poétique qui procède de cette nouvelle conscience passe du « Mal du siècle » à la reconnaissance sociale avec l’après-guerre de 1914 : elle devient un code culturel par le fait d’artistes-théoriciens médiateurs, comme Kandinsky, Léger ou  Apollinaire ; par les collectionneurs comme Kahnweiler. Puis cette culture peut, avec le surréalisme, devenir un genre de vie, indexé au milieu de l’art à Montparnasse, à Montmartre, à Saint-Germain. Ses sculpteurs sont Picasso, Giacometti, Brancusi.

L’art états-unien est alors fasciné par les artistes ouest européens. C’est le cas du premier Pollock, de Gottlieb. Après la guerre de 1939 et la victoire états-unienne, l’extension des échanges entre les Etats-Unis et l’Europe de l’Ouest autorise l’exportation du Pollock de la maturité et de ses contemporains expressionnistes abstraits. Leur esthétique est dite prolongement de l’Art pour l’Art, esthétique « pure ». Ce vocabulaire est repris et employé par Clement Greenberg, le théoricien de ce courant. Les galeristes influents (comme Léo Castelli), l’institutionnel (comme le MoMA…) appuient cette esthétique, au-delà de l’expressionnisme abstrait, par exemple avec le minimal art… et Richard Serra.

Ce dernier est donc issu du romantisme : la réconciliation des contradictions s’est autonomisée en culture des signes de l’Art. Sa pratique se constitue sur la base du repérage des « éléments fondamentaux » de la sculpture (c’était déjà la démarche de Kandinsky) et leur agencement volumique.

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L’art français : une question nationaliste? (rendez-vous Minimum 2)

15 janvier 2010 · Laisser un commentaire

Cliquez sur l’image pour la rendre nette, ou téléchargez le tract

On observera d’abord que la question est posée en termes de « connotation », c’est-à-dire selon la législation de la subjectivité ; sur le modèle :

Si A me fait penser à Y, alors A relève de Y.

Premier abus.

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ANNONCE : virage du jour Ji vers la saison 2 : ingénieur du symbolique

13 janvier 2010 · Laisser un commentaire

C’est un virage en douceur vers la saison 2. Laquelle s’intitule ingénieur du symbolique. Nous nous référerons à ce texte pour savoir de quoi il en retourne avec ces mots là. Cela étant, c’est une autre philosophie qui s’exprime, avec la sortie du virage.

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